Pouvoirs et vertus des pierres et minéraux

Construire en briques de bois

Pierres fines précieuses et de collection.

Bungalows île aux Nattes

Partir vivre ailleurs

Tueurs en série, escrocs, malédictions

Tout sur les aphrodisiaques

Arabica

Les ventilateurs brassent lourdement l'air chaud suspendu entre val et mont. Il fait une chaleur écrasante et la vallée étroite, une des rares orientée est-ouest dans les Pyrénées, semble retenir la moiteur ambiante. Nous sommes accoudés avec Manu au comptoir du Café de la Plage.
Ainsi réellement nommé par nos soins, histoire de chambouler les lieux communs. Combien de gens bien intentionnés sont venus nous dire qu’il y avait une faute sur le store, qu’il y avait plage au lieu de place. On laisse dire.
L’ estaminet est côté ombre. Côté ahumatz en patois local, les enfumés par le feu de cheminée. Par opposition aux arroustits -les rôtis- qui vivent sur l'adret.
Les dalles de schiste -les labats- restituent une fraîcheur salvatrice. Les passants sont rares ainsi que les véhicules empruntant la route du Tourmalet, encore fermée à cause la neige en cette fin de printemps. De temps à autre un cycliste ruisselant passe au ralenti, à la conquête du sommet mythique. Plus que dix bornes avant le premier névé.
- Un petit galopin Manu ?
- Allez, le dernier et on ne se connaît plus !
Je passe derrière le bar tirer les deux verres.
Apparaissent alors dans l’encadrement grand ouvert un couple de curistes d’un autre âge. Ils hésitent, scrutant tour à tour l’intérieur et la terrasse. Lui est gros, rougeaud, vieillot. Elle également, mais en plus masculin. Il s’évente de sa casquette. Nous les saluons.
- Dites-moi, jeune homme; à combien vous faites le café ici ?
- Six francs, réponds-je, appréciant le qualificatif.
- Six francs ? Ah bon, parce que à coté ils le font à cinq francs cinquante !
On se regarde avec Manu, d’un air entendu. Encore une paire d' enculeurs de mouche peut-on se lire dans les yeux mutuellement.
- Ca, vous savez cela dépend de la qualité du café proposé, argué-je.
- Et qu’est ce qu’il a de plus le vôtre, demande Machin avec un sourire goguenard.
- En fait, il y a deux sortes de café, principalement, le robusta et l’arabica qui n’ont pas le même prix à l’achat. Moi je sers de l’arabica.
Il se fend la poire et se tourne vers sa rombière.
- T’entends ça, Germaine ? Non seulement il est plus cher mais en plus c'est de l’arabe! Viens on s’en va !
Nous restons médusés un bon moment avec le Manu; puis il sèche son godet et annonce péremptoire :
- Remets-nous ça, va. Décidément la connerie n’a pas de limite aux bornes. Ca s' arrose.

Voyance claire et nette Graines de bitumes, enfants de la rue Antananarivo Lecture des lignes de la main