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Guinness bouc


Nous avons découvert le quartier de la Contrescarpe par hasard. Un soir de biture mémorable, je m’étais perdu avec mon Solex de l’époque, avec Manu sur le porte-bagage. Nous étions en partance pour les Halles, afin de boire un coup à la Tour de Montlhéry, haut lieu de retrouvailles des Nucera, Boudard, Audiard je crois et autres monstres littéraires.
Toujours est-il que je tournais en rond rue de la Comédie justement, mais cette fois dans ma 2 CV; et Manu épuisé de soif réclama une pause abreuvoir. Ce que je lui accordai volontiers, ayant moi-même la pépie. Le temps que les patins de freins fassent leur office, nous nous arrêtâmes pile devant le Rubens, endroit privilégié de l’ inspiration d’Antoine Blondin selon mon co-équipier. Quelques verres de contact plus tard, nous avions branché deux belettes.
Manu, beau parleur en diable; talent datant de sa période théâtreuse, les soûlait de phrases alambiquées farcies de mots que tu sais pas où se trouve le h ou le y.
De fil en aiguille, c’est à dire de demis pour nous en sodas pour ces dames, il les convainquit de nous faire visiter leur « garçonnière », prémonition ? Nous partîmes donc à quatre et par un prompt renfort de cannettes stockées dans ma deux-pattes, nous arrivâmes plein à bon port !
Elles perchaient dans un immeuble de briquettes rouge, d’après guerre, la mondialement planétaire, celle où les Ricains nous ont épargné de parler Germain à l’heure actuelle; alors que maintenant tout le monde les vomit (les Ricains, pas les autres). On y accédait par la rue Lacépède, ce qui ne manqua pas de faire rire le Manu, qui y vit là un signe de bon aloi; va savoir pourquoi. Quatre étages avec ce qu’on tenait, ce ne fut pas du gâteau ! Nous parvînmes au bon palier exténués, ayant pris soin d’effectuer des pauses de décompression aux précédents.
On entrit et le spectacle nous surprisa !!!
C’était Yokohama là-dedans ! J’avais cru comprendre qu’elles étudiaient les langues orientales; les langues étranges comme dit mon pote. Mais à ce point, c’était plus qu’une vocation : un apostolat (que je m’ y mette). Tout était Japonais ou Chinois ou Viet, je sais pas bien la différence. Au sol des nattes tressées, forcément.
Aux murs des tissus tendus comme nos slips, avec des paysages extrêmement orientaux. Des éventails peints avec les pieds, un mini jardin…nippon ni mauvais sur une sellette. Des paravents en paille de riz, des bibelots en porcelaine partout; des sculptures en gougnafier nain torsadé. Des cloisons amovibles en papier cul tendu séparaient de petites cellules afin d’ aménager deux chambres minuscules.
- Evite de péter cette nuit, me glissa Manu à l’oreille, sinon je vais prendre le mur sur le groin !
Manifessement, pour lui l' affaire était entendue. J’étais plus circonspect. Déjà dans l’auto, elles avaient tiré un drôle de nez quand Manu était sorti à un feu rouge pour poser un petit raoul dans le caniveau. Nonobstant, elles nous firent visiter gentiment leur demeure.
- Asseyez vous donc, fit celle qui me plaisait avec sa grande queue de cheval, qui affolait la mienne.
- Mais où donc ? me dis je en aparté, car je le parle couramment.

Guinness bouc, suite...