Pouvoirs et vertus des pierres et minéraux

Construire en briques de bois

Pierres fines précieuses et de collection.

Bungalows île aux Nattes

Partir vivre ailleurs

Tueurs en série, escrocs, malédictions

Tout sur les aphrodisiaques

Manu la gerbe chapitre 1

Les lendemains qui déchantent - 1

Est ce moi ? Suis-je bien la chose que reflète le miroir assassin ? Toute réflexion faite, ce visage me rappelle quelqu'un. J'esquisse un léger sourire malgré la mine patibulaire d' en face. Elle me répond de la même façon. Pas de doute, on a l’air de bien se connaître. Je ferme les yeux, ne sais s’il les ferme également. C’est comme la lumière du frigo. Porte close reste-t-elle allumée, me demandais-je gamin ?
Toujours est-il que lorsque je les rouvre, une sarabande de lucioles se balade devant la glace; et il me regarde toujours. J’ai vraiment une sale gueule. Maman, Papa, m’avez vous fait un jour de grande fâcherie ? Souffriez vous d’asthénie ? La fête de la nuit passée n’a pu à elle seule me mettre dans cet état. Ni celles d’avant, et encore avant. Je n’ai jamais très bien supporté mon image. J’ai beau jeu de rejeter l’acquis sur l’inné. Même si mes modèles de base n’étaient pas dieux grecs, j’ai grandement contribué à la dégradation de mon physique.
Je file sous la douche. Me faut bien dix minutes avant de pouvoir m’en arracher.
Je retourne au tain révélateur de teint. A croire que je n’ai pas bougé, pas pris l’eau ! Je m’inspecte la vitrine. Boudiou, il y a du mal de fait ! Les rides gagnent du terrain, comme des fissures sur un pare-brise qui progressent face aux vents. Les chairs s’affaissent. Paradoxalement, s’épaissir n’empêche pas de se friper. Dure la nature.
Je n’ai pas l’impression de devenir plus intelligent, pourtant mon front s’allonge à grande vitesse. Je me fais des cheveux pour ma calvitie. Pas tarder à avoir une casquette en peau de fesse. Trente deux ans, je m’en donne royalement dix-douze de plus. Pas de pitié ! Trente deux, comme les dents que je brosse. C’est bien tout ce qui me reste d’intact. Afin de mieux pouvoir mordre la vie qui me reste; jusqu’à plus soif. Café, Ô mon café, revigore ce corps meurtri que le devoir appelle. Je ris bêtement de ce lyrisme incongru. Habillage au ralenti. Une couche de sent-bon sur les joues pas rasées pour tromper l’ennemi.
Pas question de taquiner le gilette, ma viande ferait des copeaux ce matin. Mes jambes pèsent une tonne chacune. La descente de l’escalier est un enfer. Malgré mon état, je néglige l’ascenseur comme toujours. C’est bien l’Antoine, me dis-je affectueusement, il te reste un brin de volonté. Le temps est maussade, comme se plaît à le dire mon pote Lévi de Tel-Aviv.
Je mécanise des compas, machinalement. Le calendrier annonce pourtant le printemps depuis un bon bout de temps. Juste un petit problème de synchronisation avec les cieux. De toute façon, gris ou bleu, en ce qui me concerne le ciel est brouillard.
Assurant l’assise des pieds, j’essaie de contrôler la houle fragilisant ma démarche hésitante. Pas du tout envie d’aller bosser aujourd'hui; comme souvent d’ailleurs ! J’ai le pas pesant du condamné allant vers l’échafaud, et qui aperçoit des hirondelles virevoltantes annonciatrices de jours heureux. Des frissons me parcourent la raie médiane.
Pas de froid, que nenni. Plutôt des retours de carburateur de la veille. Insensé ce qu’un humain, entraîné, peut se mettre dans le cornet sans exploser. Le Grand Barbu, tout là haut nous a conçu un moteur aux petits oignons. Peut-être pompe-t-il comme un damné lui aussi. J’y connais pas grand chose à cette secte, mais on le voit toujours à table. Les noces de Cana, de Cana bis, de Cana der... C’est idiot, mais cela m’amuse chemin faisant.

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Voyance claire et nette Graines de bitumes, enfants de la rue Antananarivo Lecture des lignes de la main