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Rencontres pour les chiens et leurs maîtres.

Tout sur les pierres précieuses

Manu la gerbe chapitre 10

Mise en bouche et prise de becs - 1

Le chauffeur a le journal sur le siège passager. Le voyage se passe sans encombre, les rues étant désertées en ce week-end de fête. Le cocher jubile car Saint-Etienne a battu l’OM au stade vélodrome. Je repense au concierge de ma belle qui doit agoniser ses détracteurs de la veille. Rendu place de la Contrescarpe je retrouve ma voiture avec un procès-verbal, bien entendu. Je sais à quoi vous pensez chers lectrices et lecteurs attentifs, mais elle n’est évidemment pas à mon nom, donc les flics n’ont pu faire le rapprochement si tant est qu’ils soient allés jusque là. J’arrive à l’immeuble et vois au passage le bignolon dans l’estaminet qui doit certainement arroser son succès. La Saab est au même endroit. J’appuie mon meilleur doigt sur Valcourt au clavier de l’entrée.
- Oui ? Me font les trous du haut-parleur.
- Antoine, annoncé-je d’une voix sucrée.
- Montez, deuxième étage gauche, j’en ai pour une minute.
Je grimpe à pingots un large escalier recouvert d’un tapis, négligeant encore et toujours l’ascenseur. Si on les supprimait dans les administrations, vous pouvez croire qu’il y aurait moins d’allées et venues entre les étages pour prendre le café chez un collègue ou discuter du dernier épisode du feuilleton de la veille. Au moins cela leur ferait une petite gymnastique qui pourrait éviter un paquet d’infarctus. Fort de ces observations je parviens au bon palier et sonne à une porte massive en bois peint imitant des veines de bois ! L’huis s’écarte aussitôt et dans un premier temps je ne vois personne. J’abaisse mon regard d' environ trente degrés et découvre un petit bout de chou encadré de deux tresses blond-blanc. D’immenses yeux bleus, comme Maman, me dévisagent fixement. Je m’étais préparé à l’éventualité de tomber sur le mari de Claudiane, mais là je suis décontenancé. J’en demeure comme une courge.
L’exacte réplique de mon élue, un mimétisme époustouflant. A croire qu’elle l’a fabriquée toute seule.
- Qui t’es monsieur ?
- Bonjour bébé, je m’appelle Antoine. Ta maman est visible ?
- Je suis pu un bébé, j’ai cinq ans et un quart. T’es le chanteur qui fait du bateau ?
- Non, juste un cousin du bateau, ta maman est là ?
- Les bateaux ont pas de cousins tu me prends pour une débile ?
Pas commode la poupée. M’a l’air bien éveillée. Pas question de lui faire croire qu’on appâte le requin-marteau avec des clous galvanisés.
- Pas du tout bé...petite fille, est ce que ta maman est là, répété-je.
Elle ne répond pas et reste la main sur la poignée à me scruter la frime. Ses mirettes sont braquées sur mon pansement.
- Fais entrer monsieur Antoine, chérie, demande la voix off de sa mère.
Je pénètre dans un salon harmonieusement meublé aux couleurs pastel. Deux canapés de cuir se font face, séparés par une grande table basse où s’étalent à profusion journaux et revues.


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