Pouvoirs et vertus des pierres et minéraux

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Pierres fines précieuses et de collection.

Bungalows île aux Nattes

Partir vivre ailleurs

Tueurs en série, escrocs, malédictions

Tout sur les aphrodisiaques

Manu la gerbe chapitre 2

Le trépassé clandestin - 1

Vu l’ambiance, j’opère un repli stratégique vers les toilettes, ayant de la TVA à reverser. Je cogite à notre livraison du jour : une camionnette de parfums de grandes marques. Un joli coup, du produit peu volumineux, extrêmement cher, bien vendu. On n’imagine pas le nombre de camions et véhicules divers de livraison qui disparaissent chaque jour. C'est fou !
Combien croyez-vous que gagne un brave chauffeur de nos jours ? Une misère, avec des cadences infernales pour transporter en temps et en heure des dizaines, voire des centaines de briques de matériel. On comprendra plus facilement que certains manars, moyennant un ou deux millions (anciens, restons calmes) oublient de surveiller leur bahut quelques instants. Juste le temps de leur emprunter.
Je déniche les candidats livreurs distraits, Marcel a organisé son réseau de fourgues et de receleurs. Manu fait le joint et la boîte aux lettres. Chacun ses contacts, ses relations, inconnus des deux autres. Un cloisonnement soigneusement entretenu en cas de pépin, on ne sait jamais. Nous on ne touche à rien, sauf aux billets sonnants et trébuchants. Pas question de garder le moindre article, règle élémentaire qui transgressée en a fait plonger plus d’un. Dans nos demeures respectives tout est garanti pur porc, factures à l’appui.
Une fois le chauffeur et le preneur recrutés, nous fixons un rendez-vous au premier dans un coin méticuleusement repéré, dont tous les accès nous sont familiers. Il est prié d’aller boire un café dans un endroit arrêté à l’avance, où Manu maquillé va lui remettre son enveloppe et le surveiller de l’extérieur.
De son côté, Marcel réceptionne les clients et l’oseille.
Quant à moi j' arnouche les environs au volant, prêt à intervenir d’un côté ou de l’autre au cas où. Les gars ont dix minutes pour escamoter camion et marchandise. Je libère le chauffeur d'un coup de fil de mon mobile au troquet. Ce dernier peut alors gueuler au charron comme quoi son corbillard s’est évaporé. Ce n’est sûrement pas la combine du siècle, mais ça laisse un maximum et rapidement. Pas plus d’une ou deux fois par mois afin d’éviter le surmenage et ne pas se faire repérer. Manu est couvert par son bistrot, Marcel est gardien de nuit à mi-temps tout en poursuivant des études infernales. Quant à moi je suis officiellement écrivain public. Nous avons des revenus déclarés, nous payons des impôts, tout bien quoi !
Prudence toujours. D’ailleurs à nos débuts héroïques je me suis fait refiler un semi-remorque de concombres ! Comme on ne touche jamais aux véhicules, je vous laisse imaginer la tête du client lorsqu’il a ouvert les portes. Il attendait des magnétoscopes ! Il a fallu arrondir les angles avec des limes vaselinées pour ne pas finir coulés béton en bordures de trottoir. Le chauffeur farceur s’en est tiré avec trois mois d’arrêt maladie. Deux jambes cassées, cela gêne pour débrayer.Pas très moral tout ça ? Certainement, mais on a choisi de vivre bien et non de bien vivre. En tout cas c’est notre avis à tous trois et on le partage, comme la galette.
D’ailleurs notre penchant anarcho-révolutionnaire de quartier, nous pousse à penser que c’est une forme de restitution légitime des profits capitalistes au prolétariat exploité. En effet toutes ces marchandises de luxe sont revendues à des prix ridicules comparés aux boutiques. Sans taxes, sans TVA, sans intermédiaires. A part nous évidemment. Et à des personnes qui ne pourraient jamais se les payer au tarif "normal". Et puis ça fait travailler les assureurs, les usines, les policiers. On crée des emplois, je suis sûr.
Bref, on se démerde.

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Voyance claire et nette Graines de bitumes, enfants de la rue Antananarivo Lecture des lignes de la main