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Manu la gerbe chapitre 3

Au boulot ! - 1

On se jette nos cafés extemporanément (c’est la première fois que je vois ce mot dans un chef-d’œuvre), sauf Manu qui avale un galopin. Puis nous sortons par la salle de restaurant. Le troquet borde la cour d’un côté et en face se trouvent des garages servant de réserves et fourre-tout. Dans l’un d’eux je range ma Mustang décapotable et ma Yamaha 750 US à piston hélicoïdal bi fluoré. Mes déclarations de revenus me permettent d’afficher ces véhicules sans problème, encore que ce ne soient pas des modèles dernier cri.
Plus nous sommes en règle, plus aisément nous pouvons avoir des activités parallèles. C’est un principe qui nous unit tous trois depuis longtemps. Déjà à l’école ! Bien que dans des sections différentes nous mettions en commun nos billes et soldats, et la malchance de l’un était compensé par les deux autres. Nous avons la sagesse de ne pas flamber nos gains.
Chacun sait où se trouve le magot des deux autres, en cas de coup dur. Une confiance absolue est le ciment de notre association depuis des lustres. On s’est fixé encore un an avant d’arrêter les frais. Contrat tacite que l’on a passé, jugeant qu’à ce moment nous aurons largement de quoi profiter d’une place au soleil. La tare des combinards de tout poil qui gagnent de l’argent facilement sans trop de risques est de toujours en vouloir plus.
L’aveuglement aidant, ils deviennent moins prudents et ne savent pas stopper tant qu’il en est temps. Nous désirons éviter le combat de trop. Nous nous installons à l’avant du bolide, avec Marcel. Bientôt rejoints par Manu qui s’est travesti entre temps. C’est toujours lui qui fait le messager et il prend un malin plaisir à se grimer. Souvenir du temps où il faisait frémir les planches. Pas mauvais, il était d’ailleurs.
Déjà au lycée, il nous faisait inonder nos frocs de rire avec ses conneries alors qu’il jouait du tragique. Il a fini par se faire jeter d’une troupe car il inventait systématiquement des textes et répliques totalement étrangers à la pièce du moment. Il prétendait dépoussiérer les classiques. Ca l’a dégoûté, il est descendu de scène et dorénavant il officie dans la rue, et seul.
Ce coup-ci il a enfilé un imperméable couleur mastic dont il a aussi le collant, tant il apparaît douteux. Il s’est coiffé d’une énorme casquette, genre smurfeur New-Yorkais, qui lui mange toute la tête. Ainsi mis, il surprend certes, mais hormis ses fringues il est impossible à décrire. En vertu du vieil adage qui dit que plus c’est gros, plus ça passe, il a toujours des accoutrements insensés et inoubliables pour des témoins éventuels, mais dont aucun ne pourra dire ses traits. Manu, s’il est passé à côté d’une grande carrière à la scène se rattrape largement à la ville.
Une fois il est allé au rendez-vous déguisé en flic ! Et sans nous prévenir bien entendu ! Vraiment ravagé, je vous jure. Le chauffeur qui l’attendait a failli faire une syncope quand il l’a abordé. Il ne voulait même pas prendre son enveloppe, pétrifié qu’il était le routier sympa.
Tout en repensant à ses costards inouïs nous arrivons sur les lieux du crime. Marcel parcourt Libé en ponctuant sa lecture d' "enculé " et "putaing cong". Car il n’est pas d’Oslo, vous l’aurez compris. Manu doit penser à son locataire impromptu car son visage renfrogné garde encore un teint de chiure. Je roule sagement, pas le moment de se faire contrôler. Le silence s’est établi comme une habitude entre nous à chaque expédition. Pas d’appréhension, que nenni non point !
Tout est rôdé et organisé au petit poil. Peut-être une certaine concentration au début, vite muée en une routine n’excluant pas une constante vigilance.


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